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Atelier Méthodologie de l’évaluation (Alger, 3 juillet 2006)

vendredi 7 juillet 2006 par rigas
Atelier de ESTIME à Alger, le 3 juillet 2006 sur les Méthodologies de l’évaluation en prenant l’exemple de l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et le Liban.

Compte rendu de l’Atelier

Programme de l’atelier

-  Accueil par M. Abdelkader Khelladi, directeur du CERIST (Centre de recherche sur l’information scientifique et technique) et par Mme Houria Rebbah (Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Alger)
-  Introduction de l’atelier : Ali El Kenz, IRD
-  Présentation de l’atelier par Rigas Arvanitis (IRD) et Mohamed Benguerna (CREAD) Interventions des experts :
-  Mme Houria Rebbah, Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Alger
-  Mme. Mona Assaf, responsable des relations internationales, Centre National de la Recherche Scientifique du Liban, Beyrouth
-  M. Hassan Charif, consultant en matière de politique scientifique pour le Centre National de la Recherche Scientifique du Liban, Beyrouth
-  Discussion autour des présentations sur l’Algérie et le Liban

-  REPAS offert par le CERIST

-  M. Ahmed El Hattab, Directeur des Sciences, Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche Scientifique, Rabat
-  M. Rachid Ghrir, Directeur de la recherche scientifique, Ministère de la recherche scientifique, de la technologie et du développement des compétences, Tunis
-  Discussion autour des présentations sur le Maroc et la Tunisie

-  Commentaires sur les débats :
-  M. Roland Waast, IRD, Paris
-  M. Yacine Ferfera, CREAD, Alger

Résumé des présentations et débats

M. Khelladi a accueilli les participants dans les locaux du CERIST. Il a signalé que le CERIST compte aussi avec une équipe spécialisée sur la bibliométrie qui devrait arriver à créer des indicateurs bibliométriques dans peu de temps.

Rigas Arvanitis a présenté les enjeux de ce débat : distinguer l’évaluation individuelle de l’évaluation collective, la sanction de la stratégie. C’est l’évaluation des collectifs de recherche (labos, projets et programmes) qui fait l’objet de cet atelier, de même que l’évaluation du système de recherche dans son ensemble. Il a insisté sur les usages de l’évaluation qui peut favoriser la structuration du milieu scientifique et permettre de définir des orientations stratégiques.

Mme Houriah Rebbah a présenté les différentes instances chargées de l’évaluation (individuelle ou collective) en Algérie. Elle a aussi expliqué que l’évaluation du système de recherche mis en place par la loi cadre de 1998 est inscrite dans les textes (elle est terminée et doit être approuvée par le gouvernement et le parlement). Le système de la recherche a fonctionné depuis 1999 et l’évaluation est devenu une pratique courante. Il y a eu un véritable apprentissage de ces instances et de leur fonctionnement. On s’oriente maintenant vers une évaluation stratégique qui va tenter de redéfinir les priorités de la recherche, notamment en redéfinissant les programmes nationaux.

Mme. Mona Assaf et M. Hassan Charif ont présenté le système des appels d’offres du Conseil National de la Recherche Scientifique libanais et la consultation en vue de définir un plan national de recherche au Liban. Dans les deux cas il y a une expérience véritable de l’évaluation soit par la fonction d’agence du CNRS libanais soit par la consultation nationale et l’exercice SWOT mené pendant presque deux ans pour établir des programmes nationaux et des modalités d’exécution.

La discussion a porté sur des aspects opérationnels du fonctionnement des instances d’évaluation de la recherche et sur les outils utilisés pour effectuer ces évaluations. Divers cas sont expliqués : au Liban soutien de la recherche en créant un statut d’enseignant-chercheur au sein des universités et partage avec les universités du versement d’un complément de salaire pour ces personnes, dans tous les pays mise en place de systèmes de soutien à l’innovation, interaction entre l’évaluation organisationnelle des structures de recherche et la mise en place de mécanismes d’évaluation. Des questions ont aussi porté sur le fonctionnement des organismes porteurs et gestionnaires des programmes de recherche. La fonction de mobilisation de la communauté de la recherche par ces évaluations a été soulignée.

M. Ahmed El Hattab a présenté les deux expériences du Maroc concernant l’évaluation de la recherche au niveau national : évaluation externe de 2003 ; évaluation stratégique de 2006. Il a aussi mentionné l’évolution des instances d’évaluation courante ainsi que l’évaluation en sciences sociales et humaines (en cours). Il a donné des détails sur le fonctionnement de cette évaluation de 2003, son financement, son fonctionnement, son rendu, son impact sur la politique de la recherche.

M. Rachid Ghrir a évoqué l’évolution du système de recherche tunisien qui a abouti à la création en 2005 d’un ministère de la recherche. Le système de recherche est passé d’une phase de mobilisation – de 1992 à 1998, à une phase de structuration jusqu’en 2002, puis une phase de fédération depuis 2002. Les mesures mises en application maintenant tentent également de promouvoir des activités de fédération des laboratoires et de partenariat entre équipes de recherche et industrie. Les organes chargés de l’évaluation sont présentés ainsi que la mise en place des laboratoires et unités de recherche qui sont certifiés. Actuellement la loi de la recherche est en révision pour l’adapter aux besoins des laboratoires et pour instaurer une plus grande souplesse de gestion. Enfin, trois centres de recherche seront également évalués.

Le débat sur les expériences au Maroc et en Tunisie montre à la fois l’importance de l’évaluation externe mais aussi le besoin de reconnaître la fonction de recherche au sein des universités. Le mécanisme de sélection et d’évaluation d’un certain nombre de laboratoires est essentiel. La grande similarité des systèmes de recherche au Maghreb se traduit par des expériences similaires bien que non concertées. Il est apparu aussi une capitalisation successive des expériences. La même démarche se retrouve en Tunisie, en Algérie, au Maroc pour tenter d’instaurer un statut de la recherche.

Roland Waast a signalé en conclusion trois aspects : le besoin de connaître l’existant réel et accepter de le regarder en face, ce qui suppose une extériorité dans l’évaluation ; la richesse des expériences des uns et des autres et une palette très large d’indicateurs ; le besoin d’un nouveau souffle et d’une actualisation stratégique, ce qui est difficile car nécessite un accord entre moyens et niches d’opportunités ; enfin le besoin d’une plateforme de discussion entre les partenaires de manière à ce qu’il y ait des échanges. L’évaluation du système de recherche peut fournir cette base de discussion considérée comme acceptable ; cela peut être aussi des évaluations des centres de recherche et des stratégies adoptées.

Yacine Ferfera, conclut l’atelier en soulignant que nous avons tous été agréablement surpris par la richesse des débats et des expériences réelles. La question de l’évaluation est entendue mais elle est difficile. Nous sommes face à des systèmes de recherche jeunes, qui sont en construction et qui n’ont pas encore atteint leur équilibre. L’évaluation devrait aider à structurer, voire fédérer les équipes, mais aussi, au-delà, à pérenniser leur existence. Dans les quatre pays, les étapes initiales ont été franchies et des pratiques de l’évaluation sont maintenant apparues Ce qui est à souligner est l’appel de la base c’est-à-dire des chercheurs. L’évaluation en Algérie, par exemple, a maintenant un ancrage juridique. Mais il y a un manque d’expérience, un manque de recul temporel. L’évaluation est une revendication forte mais cette exigence doit tenir compte de l’étape dans laquelle nous nous situons dans les 4 pays. L’évaluation ne concerne pas l’efficacité du produit de la recherche, mais plus une dynamique ; l’évaluation est alors dotée d’une mission qui consiste à examiner comment se construit la vie des laboratoires. Enfin, l’évaluation stratégique apparaît nécessaire car elle trace un cheminement possible. Cela fournit une perspective de long terme. Le processus de mise en place de l’évaluation a duré 4 ans en Algérie. Dans les autres pays mentionnés, les exercices d’évaluation ont été également été longs. De manière générale, l’évaluation est coûteuse, non seulement en moyens financiers, mais surtout en temps. Elle reste un exercice difficile à construire et qui ne doit pas se faire dans l’urgence.

L’ensemble des participants a remarqué la volonté de créer des observatoires des indicateurs S&T. C’est le cas en Tunisie, au Maroc et au Liban. La demande à ce sujet est forte aussi en Algérie. L’observatoire international auquel réfléchit l’ESCWA à Beyrouth va aussi dans ce sens (demande aussi relayée par l’UNESCO et l’ALECSO). Mais un observatoire international doit tenir compte des besoins intérieurs, comme le signale Hassan Sharif. Enfin, Rigas Arvanitis signale que le projet ESTIME a prévu de formuler une proposition de réseau d’observatoires de science et technologie sur les pays du projet.

CR atelier Alger juillet 2006 - 38.5 ko

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